un pas à la fois… un pas à la foi

C. Inglés 6 – Sigüeiro à Santiago de Compostela

Ha. Ha. Ha. Très drôle. La façade de la cathédrale est en rénovations, pour la deuxième année consécutive. Ce qui veut dire que le porche de la gloire n’est pas accessible, pour la deuxième année consécutive. Ce qui ne peut vouloir dire qu’une chose: Je dois revenir.

Bon, très bien, je dois revenir…

C’est que le porche de la gloire abrite une statue de St-Jacques qui est posée sur une colonne de marbre. La tradition veut que les pèlerins terminent leur pèlerinage exactement à cet endroit, en posant la main sur la colonne. Des centaines de milliers de pèlerins l’ayant fait, le marbre a épousé la forme d’une main et une paume avec cinq doigts reçoit maintenant les mains moites modernes qui s’y appuient. C’est ainsi que tout pèlerinage se termine. Ça fait deux fois que je ne peux terminer ainsi le mien. Que c’est dommaaaaaaaage… Je vais devoir revenir 😊

Les 16 km de cette dernière étape se déroulent comme les deux jours précédents donc en alternant période de soleil avec période de pluie. C’est vrai que le terrain est relativement facile et le Chemin traverse en général d’agréables boisés jusqu’à environ 3 km de la cathédrale. Le Camino Inglés arrive par le nord donc je longe éventuellement le couvent des Franciscains puis emprunte la Ruá de San Francisco qui rejoint la Praza do Obradoiro et voilà, j’y suis. C’est agréable de se retrouver en terrain familier! Mais j’éclate franchement de rire à la vue des échaffaudages. J’étais certaine que les rénovations seraient terminées et que je pourrais enfin poser la main sur la colonne, mais non. Ce sera pour une autre fois.

La Praza est bondée de pèlerins qui terminent leur longue marche et tout le monde affiche un grand sourire 😁 Il y a vraiment beaucoup de joie dans l’air, attisée par les groupes qui crient leur allégresse d’être enfin arrivés. Plusieurs s’identifient par un même t-shirt, d’autres ont des banderoles. Il y a beaucoup d’accolades et de félicitations. C’est vraiment beau à vivre!

Je me dirige ensuite vers le bureau des pèlerins afin d’obtenir ma Compostela, le certificat officialisant que j’ai effectué le pèlerinage mais il y a du moooonde, du mooooonde! Trop longue file pour moi, je reviendrai demain matin. L’an dernier, j’étais à la porte à 7h45 et il y avait seulement une personne devant moi. Hasta mañana!

Eh bien voilà. Pour ceux qui ne peuvent entreprendre un tel pèlerinage, j’espère avoir pu vous le faire vivre un peu à travers moi. Pour ceux qui le peuvent, j’espère que ce récit a fait briller des étoiles dans les yeux de votre âme. Il n’est bien sûr absolument pas nécessaire de marcher vers Compostelle mais si vous ressentez un appel, c’est qu’une raison vous attend. Buen camino.

L’entendez-vous?

Les sens des pas

Vue: La joie sur les visages des pèlerins sur la Praza da Obradoiro.

Odorat: La bonne soupe de poissons de ce midi.

Goût: La bonne salade aux champignons et jambon de ce soir!

Ouïe: Tiens, le joueur de cornemuse sous l’arche nord du complexe de la cathédrale est toujours là!

Toucher: La grille de fer devant le porche de la gloire…

L’essence des pas

Dire oui à l’appel… de revenir dans mon cas.

Je débute après-demain une période de deux semaines comme accueillante à l’accueil francophone ici à Santiago. Nous proposons une opportunité de partage spirituel aux pèlerins qui le désirent et assurons la célébration quotidienne en français de l’Eucharistie dans la chapelle du Sauveur de la cathédrale. Ce sera assurément très intéressant et je vous en donnerai des nouvelles. Si vous êtes dans le coin, vous êtes les bienvenus!

petit manteau orange fluo

 

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