Enfin, le calme ! Eh bien… je dis calme mais l’endroit n’est pas silencieux du tout. Une armée de cigales se camouflent sur l’écorce des arbres et j’apprends qu’elles peuvent être très bruyantes. C’est étrange mais c’est un bruit qui ne dérange pas. Il est présent, bien présent, mais ce n’est pas un bruit industriel et il est comme… absorbé. Vraiment étrange !

La communauté. Elle est formée d’une quinzaine de soeurs, dont quatre novices et je suis étonnée par la variété d’âge de ces dernières; elles ne sont pas toutes très jeunes. C’est bien ! Les communautés s’ouvrent aux postulantes plus âgées, ce qui permet une plus grande diversité d’expériences de vie et de maturité qui me semble bon. Sur un horaire qui s’échelonne de 4h30 jusqu’à 21h, leur journée égrenne louange, liturgie, fraternité, prière avec travail et service pour subvenir aux besoins du monastère. Leur travail consiste en la fabrication d’hosties, gourmandises, thés et oreillers (!) et nouvellement, un produit pour la peau.
Leurs pastilles sont vraiment bonnes ! Et leur liturgie, polyphonique, superbe. Je suis davantage habituée au chant grégorien bénédictin et suis éblouie par la beauté des chants cisterciens. Les moniales de Blauvac sont accompagnées à la cithare et la douceur de ce son contribue, à mon avis, au recueillement et à la douceur de la prière. C’est vraiment une très agréable surprise.

Je demande à rencontrer une soeur, ce sera Soeur Bénédicte. Elle est très joviale, une adepte de la marche, et elle me regarde en souriant avec une belle étoile dans les yeux. Elle m’explique que le charisme cistercien se reflète dans le dialogue constant qu’on trouve entre la Parole de Dieu, les évènements du quotidien et du monde, et nous. Que c’est intéressant. Beaucoup d’importance est ainsi placée sur l’effet de l’Écriture sur soi et je pense percevoir la démonstration de ce qu’elle avance au contact des deux moniales qui sont les plus proches des retraitants.
J’ai en effet l’impression que les soeurs hôtellières, Soeurs Agnès Marie et Bénédicte, me “lisent”… pas qu’elles voient dans mon coeur ou qu’elles peuvent déchiffrer mes pensées mais c’est comme si elles m’accueillent, qu’elles m’observent, avec autant d’attention que lorsqu’elles lisent la Bible. Il y a comme une curiosité d’apprendre quel est mon message. Leur site web confirme mon intuition car j’y apprends qu’elles définissent l’obéissance comme “faire la parole de l’autre”. On doit bien sûr alors y porter attention particulière. Comme c’est bien dit… et vécu.
Les sens des pas
- Vue : Les arbres, les arbres, c’est vert partout
- Ouïe : La beauté du chant de la liturgie cistercienne
- Toucher : La rugosité des pastilles, saupoudrées d’un peu de sucre blanc
- Odorat : Les fleurs roses le long de l’allée
- Goût : Les abricots frais que j’ingurgite en quantité industrielle

L’essence des pas
Un dialogue constant entre Dieu, les autres, et nous.
pmof
Chère Geneviève, j’espère que ta quête t’apportera ce que ton coeur cherche. Ta présence nous manque dans nos cellules de partage. Tiens-nous au courant de ce que tu entreprends cet automne. Je te garde dans mes prières.
Bonjour Geneviève. Ta culture religieuse est impressionnante et fort intéressante. Je lis tes récits avec joie. Ils me ramènent au merveilleux voyage en Arménie de mai 2017 et à nos brefs contacts. Je garde le souvenir d’un grand coeur réceptif à tout ce qui l’entoure. Bonne route et merci du partage.
Chère Claire, une joie d’avoir de tes nouvelles ! Merci pour ton commentaire et je garde un très bon souvenir aussi 🙂