un pas à la fois… un pas à la foi

Les bénédictines de Venière

Je retourne avec joie à l’Abbaye Notre-Dame de Venière, pour un bain dans la spiritualité bénédictine. J’y suis allée brièvement l’an dernier et avais apprécié la sobriété de l’endroit, la beauté du paysage qui s’offre à leurs yeux, et leur magasin (!) dont la soeur qui en a la charge a l’oeil pour sélectionner des articles particulièrement beaux des abbayes et monastères partenaires.

L’entrée de l’église et du magasin, derrière les arbres !

Leur spécialité propre est les saints patrons, dessin original d’un saint sur cadre laminé, mais elles offrent aussi des cartes et objects religieux superbement illustrés, et une panoplie de produits d’autres abbayes et monastères français. C’est réellement le plus beau magasin d’articles religieux qu’il m’aie été donné de visiter !

Bon. La spiritualité bénédictine. Elle est issue de St-Benoît de Nursie qui vit au 6e siècle en Italie et dont la Règle a une influence majeure sur tout le mouvement monastique depuis. À part les Bénédictins, bien sûr, on compte parmi les Ordres qui existent encore et qui en suivent la Règle, les Camaldules, les Cisterciens, les Cisterciens de la Stricte Observance et les Olivétains. L’esprit de la Règle se résume souvent par l’expression Ora et Labora, Prie et travaille.

2e étage de l’oratoire

La liturgie est effectivement le coeur de la vie des moniales bénédictines et elles se rencontrent à l’église sept fois par jour pour prier leur louange en communauté. Elles ont également une cithare à Venière ! Que la douceur de ce son contribue à adoucir ma propre prière – j’aime beaucoup.

L’hospitalité monastique occupe aussi une place importante dans la spiritualité bénédictine et 35 retraitants à la fois peuvent se ressourcer dans un pavillon avec un magnifique oratoire attenant au monastère. Les repas se déroulent entre retraitants et, surprise ! on peut parler. Mais on peut aussi opter pour manger en silence, ce que je fais.

La communauté de Venière voit le jour en 1933 à Soissons, elle est toute jeune. La Deuxième Guerre Mondiale les fait fuir puis elles se retrouvent à Chalon sur Saône une quinzaine d’années pour finalement aboutir à Venière en Bourgogne au début des années ’60. Je compte une vingtaine de moniales, d’à peu près tous les âges. Elles semblent bien épanouies et c’est un plaisir de bavarder avec celles dont on croise le chemin. Je demande bien sûr un entretien privé.

Le paisible pavillon des retraitants

C’est Soeur Marie-Noël qui est désignée pour me recevoir et s’entretenir avec moi. D’un naturel qui me semble doux et candide, elle m’apprend que la louange, oui, bien sûr, est importante et le centre de leur vie mais elle explique que leur chemin vers Dieu passe par chercher Dieu en tous et en tout.

Elle me dit qu’elle me reçoit comme le Christ et je le perçois un peu en effet… c’est une belle leçon d’humilité. Toujours à propos de chercher Dieu en tous, elle m’explique que la récréation avec ses soeurs n’est pas qu’une pause des activités de travail, mais aussi une opportunité de création (la ré-création, une nouvelle création), la création d’un échange avec Dieu. Je suis humblement éblouie par le témoignage qu’elle me livre le plus simplement du monde.

Et enfin, moi qui croyais que les livres étaient bien importants pour les Bénédictins, eh bien elle répond que oui, bien sûr, mais qu’on oublie la majorité de ce qu’on lit alors qu’on se souvient de la Bible. Hmpf ! Elle n’a pas tort…

Je dois quitter beaucoup plus tôt que prévu mais j’avoue que je repars totalement comblée. L’entretien avec Sr Marie-Noël, la beauté de l’endroit, la douceur de la louange ont formidablement bien nourri mon âme.

Vitrail des disciples d’Emmaüs. Il me semble que c’est la première fois que j’en vois un. Étrange ressemblance avec l’icône de la Trinité de Roublev !

Les sens des pas

  • Vue : La beauté des vitraux de l’église
  • Ouïe : La petite voix toute douce de Sr. Marie-Noël
  • Toucher : La crème, ma fameuse crème pour le corps que je ne trouve qu’ici !
  • Odorat : L’odeur de rose de ma crème corporelle que je retrouve avec joie 🙂
  • Goût : Des bananes au petit-déjeuner ! Enfin des bananes !!!
OK, un dernier vitrail, ils sont tellement beaux !

L’essence des pas

Chercher Dieu en tous et en tout

pmof

3 thoughts on “Les bénédictines de Venière

  1. Philippe Nussbaum

    Merci pour ce témoignage et bonne suite dans la pérégrination spirituelle et humaine… quand les deux vont ensemble, il y a comme un ajustement à l’essentiel.

  2. Sophie

    Allo, c’est tjrs un pur et relaxant bonheur de te lire. C’est une belle aventure ton voyage.

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