un pas à la fois… un pas à la foi

Ávila 12 – Spectaculaire Ségovie

Ça fait déjà quelques jours que j’en rêve… Ségovie en français, Segovia en espagnol… Jusqu’à la rue de la pharmacie qui porte ce nom et appesantit toujours un peu plus mon désir à chaque fois que je la croise.

La tour de la cathédrale de Ségovie

C’est que le nom de Ségovie revient assez régulièrement quand on commence à creuser sur Thérèse. Elle y a fondé un couvent où elle retourne à l’occasion, c’est une ville prospère alors et… c’est le lieu où repose Jean de la Croix.

Thérèse repose quant à elle à Alba de Tormes, endroit plus compliqué à rejoindre par transport en commun donc je le garde pour une autre fois. Je viens d’ailleurs d’apprendre que c’est rejoignable en quatre jours de marche d’ici via le Camino de Santa Teresa et mon intérêt naturel pour cette activité me la fait préférer donc ce sera probablement ainsi que j’irai lui rendre hommage… à une date ultérieure. Ça me donne aussi une excuse pour revenir 🙂

En attendant, Ségovie m’interpelle. Pour Jean de la Croix bien sûr mais aussi pour la cathédrale qui est apparemment très belle et… pour le magnifique aqueduc.

Je prends le chemin du terminus d’autobus et m’installe confortablement pour replonger dans le paysage de moins en moins morne en direction nord-est pour une petite heure. Puis… Ségovie me surprend. Elle surgit de nulle part! Autant Ávila est bien perchée sur une colline dominant les plaines environnantes, autant Ségovie est un peu enfouie en contrebas d’une dénivellation de terrain. C’est la vision d’une magnifique tour qui me sort de ma torpeur engourdie (voir photo ci-haut, prise sur le pouce dans l’autobus!) et comme je n’ai pas l’impression qu’on est proche de notre destination, je me pose initialement la question à savoir quelle est donc la ville qui abrite ce chef d’oeuvre et dont je n’ai pas entendu parler? Puis un château fait son apparition et je clique. C’est Ségovie.

Là, je suis tout à fait éveillée et aperçois un bout de LA merveille, l’aqueduc. Oouuu, j’ai hâte d’arriver. L’autobus n’arrête pas à l’arrêt prévu mais plutôt au bout de l’Avenida del Acueducta – je ne devrais pas avoir trop de problèmes à m’orienter. Quelques minutes de marche puis… Oh my God. Que c’est impressionnant.

Une splendeur

Ouvrage romain qui date de 2 000 ans, cette structure est faite de plus de 20 000 blocs de granite assemblés sans mortier. Elle tient avec le poids des pierres et les aspérités entre elles. Quelle prouesse! Pour les ingénieurs: 166 arcs, 813 mètres, pente de 1%. À vos calculs… Pour ceux qui aiment penser hors de la boîte: Pouvoir en nager la longueur serait toute une attraction touristique, ne trouvez-vous pas? Ou la descendre en tube!!! Hélas, la largeur se rétrécit à un demi-mètre par endroit donc c’est trop serré. On pourrait peut-être essayer avec les tronçons plus larges? 🙂

Pas-de-mor-tier. Les trous reflètent l’endroit où la louve (instrument d’époque) agrippe les pierres pour les soulever.

J’admire la merveille de longues minutes, prends plusieurs photos, puis dirige éventuellement mes pas dans la direction de la cathédrale. Comme dans toute ville médiévale, je suis le labyrinthe des petites rues et débouche finalement sur la place principale, la Plaza Mayor et… une autre merveille m’attend: une superbe cathédrale toute d’une même couleur (c’est rare!) Une longue période de gestation (débutée en 1525, consacrée en 1768) lui permet de bénéficier des styles gothique, renaissance, baroque et néo-classique et j’apprends que les fioritures des flèches sont du gothique isabélin. Ces dernières me donnent l’impression de vertigineux glissandos chantés vers le haut pour ma part.

Une symphonie de flèches

J’arrive malheureusement quelques minutes après le début de la visite guidée donc décide de plutôt poursuivre vers le mausolée de St-Jean de la Croix et revenir à la cathédrale plus tard. Autre dédale de rues puis je franchis une des portes (comme Ávila, Ségovie est fortifiée mais ses murailles sont un peu moins impressionnantes) et me retrouve rapidement devant un couvent de Carmes déchaussés entouré de conifères longilignes et plus ou moins adossé à une falaise ocre dénudée. C’est un monastère actif d’assez bon volume et un des bâtiments est dédié à la sépulture de leur fondateur. J’y pénètre et une autre merveille m’éblouit, le retable hyper moderne de l’église à côté de la chapelle du mausolée.

Mystique…

Le mausolée en tant que tel est de toute beauté bien sûr et extrêmement massif. J’avoue trouver que c’est un peu loin du dépouillement prôné par le Saint mais il y règne une paix et un silence ressourçants que je savoure presque goulûment après le bain de touristes imposé jusqu’à maintenant. J’aime beaucoup l’endroit et m’assieds confortablement pour lire plus en détails sur cet important complice de Thérèse. Un calme s’installe en moi et bien que je me fasse éventuellement invitée à quitter les lieux à la fermeture habituelle pour la pause de la sieste, j’opte plutôt pour manger mon dîner sur les terrains du monastère au lieu de me précipiter pour la visite guidée à la cathédrale. C’est comme un nouveau chapitre qui s’ouvre avec ce coup d’oeil à Jean de la Croix.

Mon billet d’autobus me rappelle que je n’ai pas toute la journée cependant donc je retrace éventuellement mes pas et fait un petit croche vers le château-palais de l’Alcazar, immanquable navire qui domine la pointe ouest de la ville. Débuté au 12e siècle et initialement utilisé comme forteresse, il a aussi tenu lieu de palais royal qui a vu le couronnement d’Isabelle de Castille, de prison et de collège militaire. C’est un incontournable de Ségovie mais je me contente de quelques photos et poursuis vers la cathédrale.

L’Alcazar de Ségovie

Elle est dédiée à Notre-Dame de l’Assomption et Saint Fructus, un ermite du tournant du 8e siècle de Ségovie. Très épurée à l’intérieur, ce sont les chapelles latérales qui sont ornées des oeuvres d’art. Mes deux préférées:

C’est la journée des retables hors de l’ordinaire…

Plafond atypique d’une chapelle latérale

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai une heure dans la cathédrale mais dans une période qui ne coïncide pas avec une visite de la tour finalement. C’est correct; la journée est déjà assez bien remplie. Puis allez, c’est le temps de repartir. Quelle Ségovie! Tout simplement spectaculaire.

Les sens des pas

  • Vue: Le retable mystique de l’église du sépulcre de St-Jean de la Croix
  • Odorat: L’odeur des arbres du parc St-Antoine en route vers le terminus d’autobus à Ávila
  • Ouïe: Le silence apaisant de l’église du sépulcre de St-Jean de la Croix
  • Goût: Les pistaches soufflées (!) du terminus d’autobus de Ségovie, une première pour mes papilles
  • Toucher: Les pierres de l’aqueduc qui se laissent caresser depuis 2 000 ans

L’essence des pas

Quand un détour fait découvrir un trésor. C’est mon impression avec Jean de la Croix.

Clin d’oeil furtif de la journée

Croquis de cloître – Cathédrale de Ségovie

Je me consacre à l’espagnol dans les jours qui suivent mais vous reviens via le blog avant le retour à la maison. Buen Camino à tous entretemps!

petit manteau orange fluo

 

2 thoughts on “Ávila 12 – Spectaculaire Ségovie

  1. Monique

    Toute émue …je me dis comment n’ai je pas trouvé le temps à chacun de ces “bulletins” de vie et de beauté de my ‘attarder et me remplir de tes mots et émotions à vivre tes decouvertes…je vais donc le refaire au moment tu penses à revenir belle amie…Merci et bisous !!

    1. PMOF Post author

      Merci pour ton message Monique,
      Je suis bien contente que tu aimes le blog et puisses ainsi partager mes découvertes!
      Au grand plaisir de s’en parler de vive voix, accolade mon amie,
      Geneviève

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