un pas à la fois… un pas à la foi

Ávila 8 – Cours d’été des Tallis Scholars

Quelle expérience! Tel que mentionné dans l’article Ávila 7, j’ai assisté au cours d’été des Tallis Scholars la semaine dernière, qui a culminé avec un concert au palais-château Las Navas del Marqués dimanche.

Choeur de la cathédrale d’Ávila

Quelle intense semaine… mais combien enrichissante. On chante six à sept heures par jour et heureusement, les exercices d’échauffement du matin nous permettent de conserver notre voix malgré ce régime hors du commun. Il y a trois concerts “préparatoires” présentés dans des églises d’Ávila les jeudi, vendredi et samedi, tous avec du nouveau matériel, puis le concert final avec une douzaine de pièces (presque trois messes) a lieu le dimanche. Parmi les lieux des concerts, c’est la cathédrale d’Ávila qui m’est le préféré. Tomás Luis de Victoria, notre compositeur-fétiche lors de ce cours, y est enfant de choeur dans le milieu du 16e siècle et la photo ci-haut montre l’endroit où il chante à cette époque. Un des petits choeurs de notre ensemble obtient même la permission d’y offrir sa prestation, privilège accordé que très rarement. Ce n’est pas le mien, mais peut-être l’an prochain!

Tomás Luis est prêtre donc ses compositions sont, à mon avis, particulièrement inspirées; il n’a d’ailleurs écrit que des pièces du répertoire sacré et la polyphonie de l’époque lui sert de parfait canevas. La Renaissance est en effet l’âge d’or de la polyphonie, lors de laquelle le chant poursuit son évolution en présentant plus d’une ligne mélodique qui s’entremêlent.

Altos, nous chantons la ligne d’introduction en haut, puis la troisième entre Cantus II (soprano 2) et Tenor I.

Les différentes voix, sopranos, altos, etc., adoptent leur propre ligne et la beauté du texte est amplifiée avec les différents accords qui progressent en harmonie plus ou moins parfaite. Bien que ça puisse parfois rendre le texte plus difficile à suivre pour les auditeurs, il faut quand même noter que les oeuvres de Victoria sont composées dans un contexte post-Réforme/concile de Trente, où il est important que le tout demeure compréhensible donc ce n’est pas trop compliqué. Peut-être à cet effet, il m’est intéressant d’apprendre que lorsque Dieu, le Christ ou l’Esprit-Saint sont cités par exemple, les textes des différentes voix se rejoignent pour ces rares moments, démontrant l’importance que le compositeur leur accorde. Hhmmm… captivant!

Nous sommes 48 choristes provenant d’un peu partout, dont quatre, les seuls Canadiens, de la ville d’Ottawa!!! Beaucoup d’Espagnols, quelques Britanniques, des Italiens, un Néerlandais, un Américan… J’en oublie sûrement mais c’est un bon mélange. Les professeurs, Peter Phillips, à la tête des Tallis Scholars, Rupert Damerell, Patrick Craig et Amy Haworth, tous Britanniques, enseignent en anglais mais il y a traduction en espagnol. J’aime l’intégrité de l’atmosphère d’apprentissage où aucun clavier ne nous porte assistance quelqu’en soit la sorte… c’est complètement a-ca-pel-la. L’oreille parfaite est celle de Rupert – Patrick et Amy utilisent un diapason qu’ils se cognent sur la tête (!) et Peter utilise Rupert. Les journées sont très remplies mais la progression est logique et bien construite. Pour qui aime le chant de la Renaissance ou le chant tout court, c’est vraiment un bijou. Intéressés? C’est une opportunité annuelle – il s’agit de garder un oeil sur leur site pour les dates:

https://zenobiamusica.com/tssc2018/

Comment ceci nous ramène-t-il à notre chère Thérèse? Eh bien, Tomás Luis et elle vivent à la même époque (bien qu’elle soit de 33 ans son aînée) et elle commente favorablement sur l’école St-Gilles, à laquelle il étudie, mais je ne peux trouver plus proche connexion pour l’instant. Je vois néanmoins une similitude dans l’esprit de pureté que recherche Thérèse et la sobriété des compositions de Tomás Luis et j’imagine la première écoutant avec ravissement les compositions du second.

Il existe tout de même un lien physique concret entre les deux, dans la forme d’une énorme cuve baptismale.

Fonts baptismaux de l’église St-Jean Baptiste. Photo prise de l’internet, les grilles restant fermées à mes passages…

Notre premier mini-concert à Ávila se déroule à l’église St-Jean-Baptiste. C’est un lieu important pour les pèlerins thérèsiens car il est bien connu que la sainte y a été baptisée, avec plaque et statue pour le rappeler. Je découvre avec joie, avant le concert du jeudi, que Tomás Luis y a également été immergé (mon hypothèse considérant le volume de la cuve!) Eh bien voilà 🙂

Les sens des pas

  • Vue: Les messes de Victoria
  • Odorat: Les messes de Victoria
  • Ouïe: Les messes de Victoria
  • Goût: Les messes de Victoria
  • Toucher: Les messes de Victoria

L’oeuvre m’habite et j’en savoure la beauté par tous mes sens.

L’essence des pas

La violence ne peut que baisser les bras devant la beauté d’une harmonie de voix.

Clins d’oeil furtifs de la semaine

Après le concert à la cathédrale d’Ávila vendredi. 1ère rangée de g. à dr.: Patrick Craig, Peter Phillips, Rupert Damerell

En route vers Las Navas del Marqués dimanche. Bon, je trouve le paysage moins morne qu’à mon arrivée…

 

 

 

 

 

 

 

 

Théorie 🙂

Fleurs qui poussent à vue d’oeil dans le cloître du séminaire; elles nous saluent comme on se dirige vers la cafétéria.

 

 

 

 

 

 

 

 

La rue débouche sur la place de la cathédrale, un honneur.

Lampadaire et terrains à l’entrée du Séminaire. Voyez-vous le chat? 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

petit manteau orange fluo

2 thoughts on “Ávila 8 – Cours d’été des Tallis Scholars

  1. Sophie

    👏 Bravo ma belle, wow comme tu as l’air heureuse et sereine dans la photo 😇. J’aurais aimé assister à cette représentation.🌷

    Sophie

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