un pas à la fois… un pas à la foi

Les cisterciennes de Blauvac 1

Enfin, enfin, je m’imprègne de la spiritualité cistercienne. J’ose avancer que l’Ordre cistercien est probablement l’ordre monastique qui est le plus “connu” dernièrement, grâce à Christian de Chergé et les moines de Tibhirine, Thomas Merton, Thomas Keating et j’en oublie certainement. J’anticipe ce séjour avec joie car je connais peu cet Ordre. Au Canada, je sais qu’il y a des moines cisterciens/trappistes à Rougemont, Mistassini et St-Jean-de-Matha mais la branche féminine est beaucoup moins connue avec un seul monastère qui subsiste, à ma connaissance, à Rogersville au Nouveau-Brunswick.

Une cloche, tout un ciel

L’Ordre cistercien date de la toute fin du XIe siècle lorsque Robert de Molesme, Albéric de Cîteaux et Etienne Harding, moines bénédictins, fondent une abbaye à Cîteaux (d’où “cistercien”) avec le but de réformer la spiritualité bénédictine en revenant à une vie de réelle solitude, de silence et de travail, particulièrement le travail de la terre. Le plus illustre membre des débuts de l’Ordre est cependant Bernard de Clairvaux, du XIIe siècle, contemporain de la récemment canonisée Hildegarde de Bingen avec qui il entretiend une riche correspondance épistolaire. Les deux sont Docteurs de l’Église, comme il serait intéressant de consulter leurs échanges ! De retour à Bernard, il n’est pas le fondateur de l’Ordre mais a la réputation d’en être le maître spirituel.

Les Cisterciens ont une influence notable au Moyen-Âge en partageant les découvertes technologiques qu’ils font avec les paysans des environs des monastères et l’Ordre a ainsi la réputation de grandement contribuer au développement des sphères intellectuelle, économique, artistique et spirituelle du Vieux Continent. Il faut enfin mentionner que c’est au tour de cet Ordre d’être secoué par une réforme au XVIIe siècle et la branche des “Trappistes” est créée par l’abbé de Rancé à l’abbaye Notre-Dame de la Trappe. Cette autre branche porte aussi le titre d’Ordre Cistercien de la Stricte Observance, O.C.S.O. L’abbaye Notre-Dame du Bon Secours de Blauvac fait partie de cet Ordre.

Le fameux Ventoux

J’arrive donc à Blauvac par une chaude journée de 34 degrés. Attendre la navette aurait signifié rester dans cette chaleur pendant quatre heures et demie donc j’opte pour le taxi. Bon, c’est plus dispendieux mais plus intéressant aussi car le chauffeur me présente sa région. Il ralentit pour me permettre d’admirer le trésor des environs, le mont Ventoux. Ceux qui se passionnent pour le Tour de France le connaissent comme une des étapes qui revient à l’occasion. Le grimper à vélo semble effectivement un exploit digne du Tour ! Mais enfin, après plusieurs zig-zags, on arrive en haut d’une colline et au bout d’une allée bordée d’arbres, le monastère. C’est très boisé, et je remarque une diversité d’essences qui me fascine.

L’Ordre cistercien est presque millénaire mais c’est une église toute neuve qui m’accueille, elle a été dédicacée en 2006 ! La Communauté existe depuis longtemps, les années la voient passer par plusieurs endroits et elle n’arrive à Blauvac qu’en 1991. D’autres additions au domaine existant sont aussi ajoutées dont l’hôtellerie Oasis avec son petit cloître, endroit où je vais résider pour les deux prochaines semaines.

Église à droite, cloître des retraitants à gauche, monastère au fond, sur fond de ciel provençal

Les sens des pas

  • Vue : Le mont Ventoux. Sa présence est “amplifiée” par la large vallée qui le borde et en accentue la majestuosité.
  • Ouïe : L’accent du chauffeur de taxi, différent de celui des Lyonnais. J’y décèle une nuance du sud.
  • Toucher : Mon sac-à-dos, mon fidèle sac-à-dos, qui s’installe bien confortablement sur mes hanches et mon dos. Ce toucher me transpose immédiatement en pèlerine.
  • Odorat : Les odeurs de barbe-à-papa près du carrousel d’Avignon, par laquelle je suis passée pour me rendre à Blauvac.
  • Goût : La bonne salade trouvée à la gare d’Avignon. Que j’aime les salades l’été !

L’essence des pas

La générosité de la dame qui m’a aidée à appeler le taxi à la gare de Carpentras en me prêtant son portable. De ces “petits-riens” qui aplanissent les roches du chemin.

pmof

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