Mes pas me mènent enfin aujourd’hui vers Ste-Thérèse, au monastère de l’Incarnation où elle a passé 30 ans de sa vie. Il y a tellement de choses à dire sur elle, plusieurs articles y seront consacrés dans les prochaines semaines.

Los Cuatro Postes
Débutons par le commencement. Thérèse naît en 1515, à une époque bouillonnante qui voit entre autres Martin Luther placarder ses 95 thèses sur les portes de l’église de la Toussaint de Wittemberg, Charles Quint, porteur de la couronne d’Espagne, devenir aussi Empereur du Saint-Empire romain germanique, Henri VIII devenir chef de l’Église d’Angleterre et Ignace de Loyola fonder la Compagnie de Jésus, tout ça avant que Thérèse n’atteigne l’âge de 20 ans. La découverte des Amériques n’a pas quant à elle 25 ans, le territoire ibérique émerge à peine de la Reconquista et la chevalerie est à l’honneur. Eh bien, on dirait que le caractère de Thérèse s’harmonise à merveille avec son temps.
La photo d’introduction, Los Cuatro Postes, est le calvaire de San Sebastián, qui est situé à quelques centaines de mètres à l’extérieur des murs d’Ávila. C’est là que Thérèse est rattrapée, encore enfant, alors qu’elle s’enfuit avec son frère Rodrigue pour aller propager la Bonne Nouvelle aux <<infidèles>> et porter secours aux martyrs chrétiens. Encore enfant… quelle intrépidité!

Distance du calvaire de la ville… quand même!
Sa mère meurt peu de temps après et Thérèse demande alors à la Vierge Marie de la remplacer. C’est de caractère 🙂 Il ne fait aucun doute que cette intrépidité et cette fougue serviront bien notre Thérèse dans sa vie.
Elle fugue (encore!) le domicile familial à 18 ans pour entrer au couvent de l’Incarnation d’Ávila, où elle restera 27 ans (elle y reviendra plus tard pour trois autres années), et c’est là que je me retrouve pour l’Eucharistie ce matin. J’ai hâte d’assister à une messe avec les Carmélites! Nous sommes une trentaine réunis dans la chapelle de la Transverbération, sujet pointu sur lequel je reviendrai.

Chapelle de la Transverbération – Monastère de l’Incarnation
La chapelle est relativement petite, en forme de croix grecque, et… pas de traces des Carmélites. Je suis un peu déçue. Puis je les perçois plus que je ne les aperçois dans une salle sombre à l’arrière gauche de la chapelle, derrière nous, et aussi derrière un lourd grillage en fer forgé. Quelle présence, malgré le silence et la presqu’invisibilité qu’impose la pénombre.
Je les entends subrepticement aux répons et un gong (!) à l’élévation du pain et du vin semble provenir de leur direction. Cette proximité cachée mais perceptible approfondit ma méditation et j’apprécie beaucoup l’état intérieur qui en résulte. Elles sont les premières à communier et le prêtre se dirige vers un endroit que je ne vois pas mais j’entends alors l’Amen de chacune. Il y a une délicatesse dans le son de leur voix… Enfin, la prière d’envoi est dirigée vers Ste-Thérèse et vous en reconnaîtrez peut-être un passage: “Nada te turbe, nada te espante. (…) Quien a Dios tiene, nade le falta: soló Dios basta”. Eh oui, ce chant de Taizé est directement inspiré des paroles de la grande Thérèse. Tiens, gâtons-nous:
https://www.youtube.com/watch?v=BdJKEmlZmns
C’est contemplative que je quitte le Monastère. J’y reviendrai physiquement et dans ce blog, il y a tellement à expérimenter et partager. Pour l’instant, une statue à la sortie attire mon attention:

Ste-Thérèse devant le clocher-peigne du Monastère de l’Incarnation
Mais, c’est une Thérèse pèlerine!
Buen Camino à tous,
petit manteau orange fluo
Merci Geneviève, la lecture de tes textes me détend énormément et je ré-apprend également bc de chose que je redécouvre comme intérêt.
Je pars ce soir pour mon “pélerinage” à la terre des Vickings. 🙂
gott kvöld
Sophie
🙂 Þakka þér fyrir Sophie et bon pèlerinage! J’ai bien hâte d’en entendre parler!
Geneviève