Les Chemins sont imprévisibles. C’est leur beauté. Les pas cèdent parfois la place à un pèlerinage plus intérieur… qui mène plus loin. C’est ce qui m’est arrivé.

Oui, toujours en pèlerinage, mais par un autre Chemin…
La richesse de la semaine à Taizé, avec les rencontres que j’y fais, chambardent mes plans. Je me rends à Bayonne tel que prévu mais retarde puis retarde mon départ vers Santiago. J’y passe finalement trois jours à essayer d’intégrer le vent qui souffle en moi. J’y oublie mes bâtons de marche en partant pour Irún. Erreur? Non finalement… signe. Je ne marcherai pas le Camino del Norte tel que prévu. Je dois plutôt tranquillement digérer ce qui s’opère en moi.

Cathédrale de Bayonne vue du cloître
Je passe donc par Bayonne, Irún, Palencia, Oviedo, fais un court retour au Canada, passe une semaine au Connecticut, et afin d’honorer ma période comme Accueillante à Santiago à laquelle j’ai très hâte de participer des 1er au 15 juillet, j’en reprends la direction via Lisbonne et enfin Ferrol en Espagne. (Vive les points de voyage aérien… Le vol New York – Lisbonne me coûte 7.60$. Vous avez bien lu: sept dollars, soixante sous. Canadiens. Sérieusement.)

Paysage des Asturies en route vers Oviedo
Anecdote amusante, j’ai pu admirer les sculptures caractéristiques de Botero à Erevan en Arménie, à Oviedo en Espagne et à Lisbonne au Portugal. L’art comme parfait trait d’union. Oui.

La luminosité de Lisbonne, avec sa forteresse São Jorge et la cathédrale Sé
Je suis donc rendue à Ferrol car je désire quand même arriver à Santiago en marchant. Ferrol est le point de départ du Camino Inglés, le chemin des Anglais. Très court à 115 km, il n’en demeure pas moins important historiquement. Le port de Ferrol est un centre naval important depuis longtemps, l’invincible armada espagnole y séjourne au 16e siècle, et donc un point d’arrivée parfait pour les pèlerins jacquaires britanniques. Ils sont plusieurs à y être débarqués au fil des siècles et à avoir posé un pied devant l’autre vers le champ des étoiles. Je leur emboîte le pas demain.

Praza de Amboaxe à Ferrol à l’heure de la siesta
Cet étrange retournement me fait donc entreprendre le Chemin des Anglais un an après avoir complété celui des Français. C’est finalement une heureuse coïncidence pour une pèlerine du Canada, en cette année de 150e anniversaire. Oui, oui, je vais souhaiter la bienvenue aux pèlerins avec une feuille d’érable sur une joue et une coquille sur l’autre le 1er juillet 🤗
J’ai trouvé ma stèle de départ, fait étamper ma crédenciale à la cathédrale St-Julien et suis maintenant prête. Cinq jours de marche seulement mais je suis sûre qu’ils présenteront leur dose de beauté et d’inspiration, que je partagerai avec joie.
Les sens des pas
Vue: La luminosité de Lisbonne
Odorat: Les lilas en fleurs à Ottawa
Goût: La meilleure salade de couscous au monde concoctée par mon copain
Ouïe: Les chants grégoriens auxquels je participe au monastère bénédictin pour moniales d’Oviedo
Toucher: Reprendre mon sac-à-dos sur les carrousels des aéroports
L’essence des pas
L’écoute de la petite voix intérieure qui mène vers la simplicité, la miséricorde, la joie.
petit manteau orange fluo
On le nomme “the English Way”, but I wonder if it might not in fact be the “Scottish Way.” Buen Camino!
Oh, now that’s a thought… Leave from Iona and get all the way to Santiago. Hhmmm, I like it! 😊
Cheers David, thanks for the comment and hello to all the family in S.
Geneviève
Iona via Kells perhaps….