un pas à la fois… un pas à la foi

Arménie 10 – Retour à Erevan

Cercle de menhirs version arménienne

 

Eh oui, c’est déjà le temps de prendre le chemin du retour mais via trois grands sites arméniens: un cercle de menhirs et les monastères de Noravank et de Khor Virap. Avec un petit arrêt pour une dégustation de vin pour bien faire.Carahunge est le nom du cercle de menhirs. Ancien observatoire, plus d’une centaine de pierres jonchent le plateau montagneux. Certaines affichent des trous et des trous de différentes pierres sont parfois alignés. Bien sûr je regarde mais ne vois qu’un petit trou de ciel bleu. Il faudrait revenir la nuit. Je suspecte qu’il y a une étoile précise qui fait briller le trou une certaine nuit de l’année. En attendant, ce sont les yeux perçants d’un oiseau de proie qui cherche sa bouffe en faisant une impressionante démonstration de vol sur place qui force notre admiration. C’est quand même très méditatif comme endroit… les montagnes, le grand air, le vent facilitent une communion pacifique avec le prochain et le cosmos. Je pourrais aisément passer de longues heures à déambuler au milieu de ce terrain de jeux plusieurs fois millénaire mais Noravank nous appelle.

Datant du 13e siècle, le monastère de Noravank (qui se traduit par nouveau monastère) se gagne en empruntant un canyon long de 8 km qui longe la petite rivière Amaghou. Les parois sont littéralement renversantes car on doit se pencher vers l’arrière pour en regarder le haut tellement c’est élevé! Elles sont d’un bel ochre chaud et réconfortant. Une couple de virages en épingle indique qu’on est arrivés et je me retrouve bientôt devant un complexe monastique tout beige, très différent de ce qu’on a vu jusqu’à maintenant. Il y a trois bâtiments principaux et bien que le monastère ait été reconnu comme un scriptorium important à son apogée, le joyau en est maintenant l’église dédiée à la Sainte-Mère-de-Dieu, Sourp Astvatsatsin. De trois niveaux superposés, on atteint le sanctuaire en empruntant une série de marches très étroites taillées à même le mur. Et il n’y a pas de rampe. Il y a le mur de l’église d’un côté, la petite marche d’environ 18 pouces puis le vide. Une chance qu’une petite corde basse est disponible car bien que relativement téméraire, je n’aurais pas risqué l’exploration sans elle. Mais allez hop, je grimpe. Voici ce qui m’accueille:

Oeil de Sourp Astvatsatsin

On dirait Marie qui me regarde… Mais non. C’est la cloche de l’église, qui pend d’une bonne vingtaine de pieds. Pas assez bas pour que je la sonne malheureusement 😊

J’explore le site de longues minutes et suis émerveillée de l’harmonie du complexe avec son environnement. Je donnerais cher pour faire un saut dans le temps et me retrouver au même endroit à une époque où c’est habité…

Succulent dîner au resto de la place puis c’est la dégustation de vin à quelques km plus loin. La longue rangée de bouteilles qui fait face à la toute aussi longue rangée de tonneaux dans la cave est impressionante. Ce qui l’est encore plus est l’odeur de vin qui nous assaille. J’en ai presque la tête qui tourne et c’en sera l’essentiel de mon expérience, n’étant pas amateur de vin personnellement. Belle visite quand même.

Puis c’est Khor Virap. Et le mont Ararat. Le premier est le monastère le plus photographié en Arménie à cause du second. Un arrêt sur la route du monastère permet de les surimposer et l’image est grandiose. Particulièrement lorsqu’il n’y a pas de nuages. Je me demande combien de journées par année sont ainsi? ☺ Le cher Ararat est de nouveau très visible mais encore une fois à travers de la brume et avec le haut du sommet dans un nuage de pudeur on dirait. Je suis bien heureuse de le retrouver et accepte son evanescence mais c’est sûr que le désir de le voir dans toute sa splendeur croît avec chaque regard. C’est un peu comme avec Dieu.

Ici on boucle les boucles comme on dit. Virap veut dire puits et ça fait référence au puits dans lequel Saint Grégoire l’Illuminateur est gardé prisonnier au tournant du 4e siècle. Lorsque le roi de l’époque tombe malade après avoir martyrisé Gayané et Hripsimé (dont on a vu les églises plus tôt), seul Grégoire est capable de le guérir et l’adoption du christianisme comme religion d’état suit. L’Arménie est le premier état à l’avoir fait.

Autre aspect spectaculaire du lieu, la proximité de la frontière avec la Turquie. Le fil de fer barbelé est là, tout près. C’est un petit choc mais les colombes, qui s’envolent régulièrement, servent de catharsis par leur symbolisme d’espérance de paix. On ne peut pas les manquer, des marchants nous accueilent aux pieds des marches avec les mains et parfois les bras pleins de ces petites boules blanches aux yeux noirs.

Une co-pèlerine du groupe n’hésite pas très longtemps et c’est avec sa colombe, très délicatement tenue à deux mains, qu’elle gravit les marches du monastère vers un belvédère qui fait face au mont Ararat. Nous l’entourons lorsqu’elle la relâche et c’est vrai que ces ailes blanches s’élèvent sur le vent de nos prières de paix…

Les sens de la journée:

Vue: Les montagnes entourant Carahunge.

Ouïe: L’alléluia chanté dans l’église Sourp Astvatsatsine à Novarank.

Toucher: La corde en montant les marches de Sourp Astvatsatsine.

Goût: Le goût du vin même si non bu au vignoble!

Odorat: Les odeurs de fleurs qui nous visitent au cours de la journée, les fleurs étant la plupart de temps invisibles.

L’essence de la journée: Le désir de paix qui nous habite… Allez, vole petite colombe.

petit manteau orange fluo

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *